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24/10/2015

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Aprés Detenue ... 30/10/2016


Après des mois d'absences, retrouvez enfin mon nouveau roman : 
 



aiMe B.



En résumé. Un bordel. Un putain de gros bordel. Je me retrouvai la, comme un môme a qui on avait volé son ours en peluche. Un père absent. Une mère rongée par l'alcool. Tout était destiné à n'être qu'un échec. Je n'étais que violence et colère. Mon âme perdue, je ne voulais pas être sauvé. Et pourtant, il suffit d'une personne pour vous faire changer. On m'a sauvé. On m'a donné une nouvelle chance. Avant de comprendre que c'était impossible, j'ai aimé, j'ai tout donné.


Aprés Detenue ...

11/02/2016

 
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Détenue: Condamnés à s'aimer eBook: Sonia GARDIEN: Amazon.fr: Boutique Kindle
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© Tous droits réservés 11/08/2015

Prologue
 

Je souris, fascinée devant la passion qui l'anime lorsqu'il regarde ce film ringard. Il rit toujours au même passage et je ris à mon tour en l'observant. Ses yeux noirs sont transpercés par la lumière de l'écran, il est très séduisant. J'aime tellement la façon dont ses cheveux blonds se positionnent, quoi qu'il fasse, il n'est jamais décoiffé. Aujourd'hui, il a mis ce pull gris que je n'apprécie pas beaucoup, mais, je dois admettre qu'il met son corps en valeur. Je me demande s'il se rend compte de la manière dont je l'examine. Il tourne la tête vers moi.
 
-Viens par ici.
 
Le son de sa voix est bas et enroué. Je m'exécute alors qu'il ouvre ses bras pour m'attirer à ses côtés. Son corps est doux et chaud, je me rapproche encore un peu pour ancrer ma tête dans le coin de son bras. Nous avons passé toute l'après-midi à regarder des films dans sa chambre sur son petit lit. Ce lit beaucoup trop étroit pour nous deux. Baptiste à un lit d'une seule place pour éviter toute ambiguïté. Ses parents ne souhaitent pas que nous dormions ensemble pour le moment. Peut être jamais d'ailleurs.
Sa famille et la mienne sont très aisées et l'éducation fait partie des principes les plus importants pour eux. Baptiste Caciolli et moi faisons tous deux partie de la même classe sociale, c'est pour ça que nous pouvons être ensemble. D'aussi loin que je me souvienne, c'est le seul homme qui me connaisse autant. Lui et moi sommes destinés à la même vie que nos parents, il sera à la tête de l'empire immobilier qu'a créé sa famille et je serai une femme entretenue par son époux, ne vivant que pour lui plaire et afficher ma richesse aux yeux du monde.

Sa voix me sort de mes rêveries.
-Que vas-tu porter ce soir ?
Je réfléchis un instant.
-Une robe noire cintrée Michael Kors. Achetée et choisit par madame la marquise dit : ma mère.
-Tu ne l'aimes pas ?
-Quelle importance ? Je devrai la mettre qu'elle me plaise ou non.
Il me dépose un agréable baiser sur le front.
-Tu seras ravissante, j'en suis certain.
Je soupire et une pensée me vient.
-Sais-tu que mon oncle sera présent à cette réception ?
-Billy ? Cet oncle ruiné dont ton père parle souvent ?
-Oui, c'est le frère de ma mère. Je ne l'ai pas vu depuis mon enfance.
-Ce sera l'occasion de faire connaissance alors.
-Je me demande à quoi il peut bien ressembler. Il y aura beaucoup de monde, des tas de gens qui n'ont que faire de la réussite de mon père, mais qui viendront tout de même pour voir les intérieures de la maison.
Baptiste arrête l'ordinateur.
-Nous devons toujours faire bonne figure Madeline.
Il se lève du lit me repoussant doucement.
-Je vais me préparer, tu devrais rentrer chez toi pour faire la même chose.
Je décide de me lever aussi.
-Je pensais me préparer ici en fait.
-Tu sais bien que ce n'est pas une bonne idée Madi, je te verrai ce soir.
Il m'embrasse la joue et me laisse seul dans sa grande chambre.
 

C1.1 13/08/2015

Chapitre 1




-Madi ? Peux-tu venir nous aider ?
-J'arrive tout de suite maman.

J'enfile mes collants transparents, dépose mes pieds dans mes chaussures et je descends les marches une à une. Je porte ma robe Michael Kors, le bustier coupe le haut de ma poitrine et mes hanches sont cachées par l'élargissement de la jupe.
Lorsque j'arrive dans la cuisine, ma mère semble paniquée, elle a cette tendance à vouloir que tout soit parfait qui la ronge à chaque fois que nous recevons. Mélissa, une employée de la maison sort un plat du four et le place sur le plan de travail. Elle soupire et s'essuie le front, exténuée par le stress qu'elle subit sous l'emprise de la marâtre. Je me demande même si elle pense à respirer tant elle a la peau rougeâtre.
Je me trouve une place sur l'îlot central et je commence à enduire les toasts en prenant soin de ne pas salir ma robe.

Mélissa, me parle des préparatifs de son mariage qui aura lieu dans quelques mois, je l'écoute attentivement, j'ai connu cette femme lorsque j'étais encore une enfant, je l'ai toujours beaucoup apprécié. Son mariage a était une grande nouvelle bien que je ne connaisse pas le futur marié. Ils se sont rencontrés il y a trois ans lors d'une sortie entre amis, ça a toute suite était le coup de foudre d'après Mélissa. Je me demande si Baptiste et moi, nous marierons un jour. Nous sommes voisins, alors notre rencontre a était assez banal. Nos parents nous ont présentés à l'âge de quinze ans et nous sommes devenus amis. Depuis ce temps, nous passons tout notre temps libre à deux. 
Parfois, j'aimerai qu'on sorte voir des amis, mais dans ce cercle fermé, nous avons peu de gens à côtoyer.

Mon père entre dans la cuisine, très élégant comme à son habitude.

-Madi, tu es si belle. Viens me voir que j'admire ma fille adorée.
Je souris de toutes mes dents et je cours dans ses bras.
C'est un homme démesurément beau, en toute objectivité, il incarne le raffinement à lui seul. Il porte un costume bleu marine avec une chemise bleu clair. Cette couleur est parfaitement accordée a celle de ses yeux qui ressortent constamment grâce à ses cheveux noirs.
-Tu réserves une danse à ton père ce soir ?
-Autant de danse que tu voudras papa.
Je le pense vraiment. J'adore mon père.

Ma mère se rapproche de nous. Elle semble plus calme.
-Et moi mon amour, aurais-je aussi ce privilège ?
-Je vais devoir trouver une façon de me cloner pour ne pas décevoir les deux femmes de ma vie.

Nous rions tous les trois, complices comme toujours. Je voudrai entretenir cette relation le plus longtemps possible, leur ressembler, avoir la vie qu'ils souhaitent pour moi. J'ai eu une enfance merveilleuse toujours choyée comme un bijou. Ma mère s'est appliquée à me pomponner pendant des années, toujours coiffée et bien vêtu tandis que mon père veillait à ce que je m'amuse sagement.




Les premiers invités arrivent, je suis au côté de mon père, nous sommes devant la porte d'entrée et saluons chacun d'entre eux. Je n'en connais à peine un quart. Tous se montrent très souriants, certains ont même amené des cadeaux de remerciement. Peu d'entre eux félicitent mon père pour sa promotion, il mérite pourtant qu'on si attarde. Il a travaillé dur pour avoir ce nouveau poste, directeur général d'une multinationale ce n'est pas rien. Je suppose que ces personnes ne savent pas la raison de ce dîner.

Un homme et une femme se présentent devant nous. Mon père me regarde, incertain de ma réaction. L'homme porte une moustache qui rebique à chaque extrémité, la femme est grossière, elle est vêtue d'une robe verte recouverte par des grosses fleurs roses et son visage est recouvert d'une paire de lunettes noires. Elle est en surpoids alors que son mari lui est très fin.


-Bonsoir Morgan.
-Bonsoir Frederick. Vous connaissez ma fille Madeline.
L'homme me tend la main. Je la saisis.
-Madeline, enchantée de faire votre connaissance.
Son regard soutient le mien. 
-Moi de même, j'espère que vous passerez une bonne soirée monsieur.
L'homme continue son chemin et la femme passe devant nous sans dire un mot.
-Des amis de ta mère.
Mon père a prononcé ces mots sans me regarder. Je ris à sa remarque. Cette femme est vraiment spéciale.



Je commence à m'impatienter quand j'aperçois mon petit copain. Il est encore plus beau que cet après-midi. Son costume gris est somptueux. Il me regarde de la tête aux pieds, quand nos regards se croisent, il laisse apparaitre un sourire. Je craque. Ses fossettes se creusent lorsqu'il s'incline devant mon père.

-Bonsoir Baptiste.
-Bonsoir Monsieur Evans, toutes mes félicitations pour votre réussite professionnelle.
Je suis contente que lui, n'ait pas oublié la raison de sa présence même si je sais que je fais aussi partie de sa motivation.


Il s'adresse à moi.
-Tu es merveilleuse comme je te l'avais dit. C'est bien pour ça que je ne veux pas qu'on se prépare ensemble, je n'en suis que plus surpris quand je te revois quelques heures plus tard.
Je sens mes joues me brûler. Je lui dépose un baiser sur ses lèvres humides. Sa bouche se mêle à la mienne. 


-Madi, va t'amuser avec Baptiste, je continuerai à faire bonne figure pour nous deux.
-Tu es sûr? Je peux rester avec toi si tu le souhaites.
-Je suis un grand garçon, je devrais m'en sortir.

Je m'agrippe à l'épaule de mon père qui est plus grand que moi pour embrasser sa joue. Il redresse le buste, fier d'être aimé par sa fille. 

Je ne mettais pas rendu compte qu'autant de convives étaient entrée. Il y a déjà une cinquantaine de personnes debout dans la salle à manger.

Baptiste et moi, nous dirigeons vers le buffet. Je hurle intérieurement tant mes pieds me font souffrir. C'est une véritable machine de torture. La vie serait plus simple si on pouvait rester en chaussons. 

-Ta mère a mis les petits plats dans les grands pour ce repas. Le buffet est gigantesque.
-Ne m'en parle pas, elle aurait invité la ville entière qu'il y aurait encore des restes.
Nous rions.



Ma mère a toujours peur de manquer, comme si les convives allaient réclamer de la nourriture en plus. Tout le monde est bien trop aimable pour faire ce genre de chose. 
Il y a encore beaucoup de personnes qui arrivent et parmi eux les parents de Baptiste. Ils sont accompagnés d'une jeune femme blonde. Elle est très belle, je jurais que sa robe est un modèle de Valentino, voilé de tissus rouges en soie. Je ne peux qu'apprécier son goût.


-Madi tu es magnifique.
-Merci Madame Caciolli, vous êtes très belle aussi.
En plus d'être une femme généreuse, Carole Caciolli est une femme splendide.
-J'ai fait ce que je pouvais, Antoine hurlait que nous allions être en retard. Nous ne sommes pourtant pas les derniers.
-Nous ne sommes pas non plus les premiers.
Monsieur Caciolli me fait un signe de tête.


-Bonsoir Monsieur Caciolli. Je suis contente de vous voir ce soir.
-Nous aussi, Madeline, ton père mérite cette belle réception et nous sommes ravis d'y avoir été convié. Qui plus est, y être à l'heure.


Je ris à cette boutade qui lui vaut un coup de coude de sa femme. 
Antoine Caciolli est la plus grande fortune de cette ville, baron de l'immobilier, sa douteuse réputation le précède régulièrement. Il aime montrer ses atouts financiers. Ce n'est pas un homme à la beauté extraordinaire, il est grisonnant, même barbus la plupart du temps. Il porte constamment un costume noir, une chemise blanche et une cravate bleue.
Il continue.

-Je te présente Élena, notre nièce.
La jeune blonde me sourit, même ses dents sont parfaites. Je m'étonne de ne jamais avoir entendu parler de cette Elena. Il ne me semble pas avoir déjà entendu Baptiste prononcer ce prénom. 

Baptiste et Elena nous racontent leurs souvenirs d'enfance. Nous gloussons tous les cinq. Elena est très sympathique, c'est toujours plaisant de faire une nouvelle rencontre. Je voudrai apprendre à la connaître davantage si nous sommes amenées à nous revoir.
Je ne supporte vraiment plus mes chaussures, je dois me rendre à l'évidence et les quitter au plus vite. Je m'excuse auprès de tous et quitte le cercle de bavards. Je suis certaine que ça ne fera de peine à personne, même pas à Baptiste qui est trop occupé à rire aux éclats avec sa cousine.

Je reste sur place un moment a observer le nombre de personnes que contient la demeure. Je dois prendre sur moi pour me créer un passage dans cette foule. J'arrive tout de même à passer et je retrouve mes bons vieux escaliers qui me conduisent tout droit à l'étage. Plus je monte ces marches et plus le bruit des convives s'amenuise.
Le silence a prit le dessus et en voyant le grand couloir qui s'offre à moi, j'ai l'impression qu'il me reste des kilomètres avant de pouvoir rejoindre ma chambre. Cette maison est beaucoup trop grande. Tant pis, je retire mon supplice. Je tiens mes talons à la main et je laisse mes pieds se poser à même le sol, libérée de leur souffrance.
Je passe devant la chambre de mes parents, puis une des nombreuses chambres d'amis que nous offre ce palais. J'y suis presque, plus que quelques mètres. Soudain, la porte de la salle de bains s'ouvre et je tombe nez à nez avec un jeune homme. C'est bien ma chance. Ne sachant que faire, je reste planté la devant lui sortant de la pièce. Il regarde ma main qui tient mes chaussures, puis mes pieds. J'ai envi de lui dire que ce n'est pas poli d'observer ainsi les gens, mais je ne dis rien.
 
-C'est une nouvelle mode ?
-Juste la fin d'une douloureuse torture.
Il me sourit.
-Dans ce cas, ton secret sera bien gardé. Bonne soirée.


Il s'écarte de mon passage et je continue mon chemin soulagé que cet échange n'est pas duré plus longtemps. Encore une personne que je ne connais pas, il doit être le fils d'un des amis de mon père.
J'arrive dans mon antre, j'ai une envie de rester ici pour la soirée qui me traverse, mais je ne la laisse pas me saisir. Ma chambre est mon refuge, les murs sont blancs et un grand lit en est la décoration principale, deux grandes lampes sont posées de chaque côté sur des tables de nuit. Au-dessus, du lit, il y a un portrait d'Audrey Hepburn, cette femme est mon idole. Elle incarne ma définition du mot perfection. En face de ce lit un dressing sur-mesure m'est destiné. Je dépose mes chaussures sur le parquet et je prends mes ballerines beiges. Je croise mon visage dans le miroir et replace quelques mèches de cheveux. Les boucles que je m'étais faites quelques heures plutôt ont déjà presque disparues. Mes yeux marron sont encore plus foncés que d'habitude. Je referme la porte de mon royaume et retourne au monde des adultes raisonnables et discrets, c'est ce qu'ils aimeraient faire croire.


Une musique que je connais bien recouvre les commérages. C'est How long will i love you d'Ellie Goulding. Les paroles de cette chanson décrivent un amour éternel et un besoin constant d'une personne, cette personne me fait penser à mon père. Je le cherche parmi l'attroupement, je me presse pour avoir le temps de danser avec lui sur cette mélodie. Mais dans ma course, je bouscule un homme en costume gris.


-Excusez-moi monsieur, je cherchais mon père.
-Madeline ? Tu es la fille de Morgan ?
Décidément, tout le monde me connaît, mais moi, je ne connais personne.
-Je ne sais pas qui vous êtes malheureusement.
-Je suis Billy, ton oncle.
Ah oui Billy. Mon oncle ruiné. Le frère de ma mère.
-Oh, bonjour oncle Billy, excuse moi, je ne t'ai pas vu depuis longtemps.
-Tu es superbe ! Une vraie femme, encore plus belle que ta maman.
-Madeline ?!
Mon père.
-Papa, je te cherchais et...
-Que fais-tu la Billy ?
Il semble en colère.
-Je discutais avec ta fille mon cher beau frère, c'est une beauté.
-Je préférerai que tu évites de lui faire part de ton passé sulfureux. Madeline, allons danser.

Mon père accroche ma main à son coude et nous tournons le dos à mon oncle. Cette discussion fut brève. Je me demande bien pourquoi mon père ne souhaite pas que je côtoie cet homme. Il a l'air correct pourtant, c'est vrai que je ne le connais pas, mais c'est le frère de ma mère, il fait parti de notre famille. Qu'a-t-il bien pu faire pour que mon père ne lui permette même pas de me parler ?
 

C2.1 23/08/2015

Chapitre 2


Dans les bras de mon père au milieu de la piste, le monde entier nous regarde et pourtant, j'ai l'impression qu'il n'y a que lui et moi. Je suis toujours cet enfant qu'il a élevé, et à ses cotés je me sens comme tel. Rien ne peut m'arriver, mon père me protège. Nous chantons cette chanson à tue-tête en riant, de temps en temps son visage se déforme et une grimace le remplace.
La mélodie change, les couples se déforment pour en former de nouveau. James Arthur prend la place d'Ellie Goulding avec Recovery. Je vois mon père sourire au-dessus de mon épaule, je m'éloigne de lui lentement, une extraordinaire femme rousse vient me voler ma place. Ma mère, la plus jolie femme du monde. Elle porte une longue robe beige d'un créateur qui ne me revient pas, elle est splendide. Sa petite taille lui donne un charme particulier, mon père et elle forment un bloc tout à fait homogène.  Je me trouve chanceuse d'avoir des parents qui s'aiment éperdument. Je m'éloigne de leur bulle d'amour et pars à la recherche de la mienne.

Mon Baptiste est accoudé au bar et discute avec son père, je n'ose pas les interrompre. Je décide d'aller manger un morceau. Je me rue sur les petits fours comme si j'avais faim depuis des heures. Ils sont à peine chauds, mais ma gourmandise n'en a que faire. J'ai la bouche pleine quand Elena vient m'aider à engloutir cette nourriture.

-Votre maison est sublime. Je suis impressionnée.
Je lui souris et termine ma bouchée.
-Merci, c'est très gentil. Je suis contente de connaître une personne de plus de la famille Caciolli.
Elle me rend mon sourire.
-Je suis heureuse de te connaître aussi, Baptiste m'a beaucoup parlé de toi. J'espère que nous pourrons devenir amies.
Je reste butée sur le debut de sa phrase. Malheureusement, Baptiste ne m'a jamais parlé d'elle et je ne comprends pas bien pourquoi. Il faudrait que je lui en parle.
Face à mon silence, elle ajoute.
-Enfin si tu le veux aussi.
-Oui, bien sûr, excuses moi, j'étais partie dans mes pensées. On pourrait aller faire les boutiques un de ses quatre. Combien de temps restes-tu ici ?
-En fait, je ne sais pas trop... Mes parents viennent de se séparer. Carole et Antoine m'ont accueillie chez eux pour m'éviter les disputes incessantes.
Je n'aurais pas dû poser cette question, je vois bien que c'est un sujet sensible pour elle. Elle a baissé les yeux avant de répondre à ma question.
-Oh... Je ne savais pas.
-Ne t'en fais pas, nous irons faire les boutiques dans la semaine. Je suis certaine que ça me fera du bien.
Elle essaie de me rassurer devant mon indélicatesse. Elle me semble tellement douce et gentille. Je lui fais un large sourire et secoue la tête pour lui dire que je suis d'accord.


Il commence à être tard et la majeure partie des invités ne sont plus là. Ceux qui restent sont trop bourrés pour faire attention à l'heure. Nous sommes sur le pas de porte, à l'extérieur de la maison, lorsque les parents de Baptiste s'en vont. Il a décidé de rester un peu plus longtemps puisqu'il est à côté de moi lorsque les Caciolli montent dans leur voiture. Voiture hors de prix bien entendu. Je me demande toujours pourquoi ils prennent leur véhicule alors que nous habitons à trois maisons d'écart. C'est un mystère qui restera intact pour ce soir.

J'avance dans l'ombre de la nuit dans le but de m'éloigner du monde. Baptiste me suit. Je m'assois à côté de lui sur un petit muret dans mon jardin. Il contemple les étoiles. Son intérêt soudain pour l'astrologie me fait dire que lui aussi a trop bu. Il reste tout de même élégant dans son costume BOSS, seul ses cheveux pour une fois semblent ne pas avoir tenu la soirée.
Je décide d'entamer la discussion qui me titille l'esprit depuis un moment.

-Elena est une chouette fille.
-Tant mieux si vous vous entendez.
Je le regarde, mais lui observe toujours le ciel.
-Tu ne m'as jamais parlé d'elle. 
-Peut être pas.
-Tu aurais pu m'en parler, j'ai été prise de court quand ton père me l'a présentée.
J'ai été sèche et il me regarde enfin.
-Écoute Madi, tu n'as pas besoin de connaitre toute ma famille, nous sommes ensemble parce que nous le devons. Je te parle des personnes dont j'ai envie de te parler. Arrête de faire l'enfant maintenant.

Je deviens folle. C'est n'importe quoi, nous ne sommes pas ensemble parce que nous le devons, enfin, je ne suis pas avec lui pour ça. Les gens sont ensembles parce qu'ils s'attirent et Baptiste m'attire. Je refuse de penser que je ne lui plais pas ou même qu'il s'oblige à être avec moi pour la richesse de mes parents. Nous passons de bons moments régulièrement, et je suis surprise de l'entendre me parler ainsi.
Je le regarde me demandant ce qui se passe dans son esprit pour me débiter des choses pareilles. Je décide de mettre ça sur le compte de l'alcool.
-Je vais me coucher, la soirée a été longue.
Il reste sur le muret et moi, je rentre dans la fête le laissant seul.
 
 
Je me réveille dans ma chambre. Seule, dans mon grand lit. J'étire mes membres et enfouis ma tête dans mes oreillers. Ils sont moelleux et me retiennent dans mon sommeil. Je n'ai pas assez dormi, mais je dois me lever pour aider mes parents à ranger le résultat des festivités.
Mes premières pensées sont pour Baptiste, ce qui m'a dit hier soir m'a retourné et je n'arrive pas à passer outre. Je sais que l'alcool a participé à la dureté de ses paroles, mais cette excuse est lamentable.
Contrainte à sortir de mon lit, j'enfile ma robe de chambre et je vais rejoindre la salle de bains. En voyant mon visage cerné, je regrette de ne pas mettre couchée plus tôt. Heureusement pour moi, nous sommes dimanche et je n'ai rien d'autre de prévu que d'aider mes parents. Je rentre sous la douche déjà chaude. L'eau me détend et m'apaise. Je ne pense à rien.

Quand l'eau s'arrête de couler mes états d'âme refont surface, je dois parler à mon petit ami avant de me faire les scénarios les plus pathétiques de toute l'histoire du cinéma. Je laisse mes cheveux détachés, les bouts sont bouclés puis je cache mes cernes avec une fine couche de fond de teint. Je retourne dans ma chambre pour enfiler un jean clair et un top blanc.
 
Du haut des escaliers, je peux entendre mon père jurer sur la grossièreté des gens à laisser tant de bazars après leur passage. Mon père n'a jamais trop aimé ranger ou faire le ménage, mais la quantité de détritus est trop impressionnante pour qu'il ne mette pas la main à la pâte.
Je l'embrasse tendrement et je me dirige dans la cuisine en évitant comme je peux les déchets qui recouvrent le sol. Je marche sur la pointe des pieds jusqu'à ma mère. Elle est tirée à quatre épingles dans sa fine robe à bretelles roses, ses cheveux sont regroupés en un chignon bas et aucune mèches n'en dépassent. J'admire sa façon d'être toujours pimpante. Je ne sais pas ou elle trouve la force de se préparer pendant des heures chaque jour. Mon père bien que le visage fatigué porte un jean et une chemise foncée. 

-Bonjour ma chérie, tu as bien dormi ?
-Oui maman, c'était une bonne soirée.
En vérité, la discussion avec Baptiste me l'a gâché, mais je décide de ne pas lui en parler.
-Oh oui, ton père et moi, nous sommes bien amusés. J'ai invité Baptiste pour le déjeuné, il sera là d'une minute à l'autre.
Super. Je vais devoir faire bonne figure durant tout un repas alors que j'ai juste envie de lui hurler dessus jusqu'à entendre ses excuses.
-C'est bien. Je vais aller aider papa dans le salon.
J'attrape un sac-poubelle et je file me mettre au travail.
J'aurais aimé parler de ma fin de soirée avec ma mère, mais je sais qu'elle prendrait la défense de Baptiste en trouvant toutes les causes du monde à sa mauvaise humeur d'hier. 

C3.1 23/08/2015

Chapitre 3


La porte abrite son ombre et je me dirige vers elle, elle me parait être une barrière que seule moi peut décider d'ouvrir. Je tourne la clé dans la serrure et ma main se pose sur la poignée. À mesure ou la frontière de bois me dévoile l'homme derrière elle, je sens mon estomac se nouer. Je vais devoir me forcer à être charmante alors que je suis déçue du comportement de mon copain. Il apparaît devant moi et je l'embrasse sur ses lèvres en parfaite hypocrite que je suis.
Baptiste est plus simple qu'hier, il est vêtu d'un pantalon beige et d'un gilet gris. Il me prend la main comme s'il avait oublié notre altercation et nous nous dirigeons vers la table au centre de la salle à manger. Mes parents sont assis devant leurs assiettes et ils se lèvent quand nous arrivons dans la pièce.

-Bonjour Baptiste, tu vas bien mon grand ?
Mon père lui tapote l'épaule d'une main et le salut de l'autre.
-Bonjour Monsieur Evans. Un peu fatigué, je l'admets, mais ça va.
Il se dirige vers ma mère et lui fait une bise.
-Assieds-toi, je vais chercher le repas.
Ma mère part dans la cuisine.

J'ai envie d'exploser et dire à Baptiste tout ce que j'ai sur le coeur. Si lui a oublié, ce n'est pas mon cas. Il n'a pas le droit de faire comme si cette discussion n'avait pas eu lieu alors qu'il m'a blessé, mais je ne ferai pas de scandale devant mes parents. Je soupire.
Ma mère arrive avec un plat de viande entourée de pomme de terre. Elle le pose au centre de la table et mon père passe sa langue sur ses lèvres, il semble avoir faim.
Mon assiette est pleine, mais je n'arrive pas à avaler quoi que se soit. Baptiste est en face de moi, je l'observe minutieusement dans l'espoir de trouver un peu d'amertume en lui, mais rien.

-Tu n'apprécies pas ma cuisine Madeline ?
Tous les regards se rivent sur mon assiette. Je recule sur ma chaise.
-Si bien sûr Maman, j'ai juste un léger mal de ventre.
-C'est ça d'abuser de l'alcool.
Mon père me taquine, il sait que je n'aime pas tellement cette substance. Je voudrai répondre que ce n'est pas moi qui en ai abusé mais se n'est pas le lieu approprié.
Baptise me regarde et nos yeux se croisent, j'ai l'air d'une enfant capricieuse face à lui.
 

Nous terminons le repas dans le calme et mon père demande à Baptiste de remercier ses parents d'être venu à la réception d'hier. Ma mère finit par débarrasser et je lui donne un coup de main.
Nous montons dans ma chambre sans un mot. Baptiste, très à l'aise s'assoit sur mon lit et m'observe attendant sa sentence.

-Qu'est-ce qui se passe Madi ? Tu es ... Bizarre.
Je me demande si il est idiot ou si il me cherche. Je reste debout à un mètre de lui.
-Je n'ai pas apprécié ce que tu m'as dit hier sur notre "relation obligatoire".
Il se lève du lit et s'avance vers moi. Je recule en pinçant mes lèvres. 
-J'avais trop bu, je suis désolé, je n'aurais pas dû aborder les choses de cette manière.
Il est calme et parle avec ses mains. Je pourrais presque l'excuser devant sa franchise, mais la fin de sa phrase ne me plaît pas.
-De cette manière ? Je ne t'attire pas alors ?
-Bien sûr que tu m'attires, qui pourrait se refuser à toi, tu es superbe. Je voulais dire par là que nous sommes ensemble principalement pour continuer à entretenir la classe sociale dont nous venons.
Je ne trouve plus de salive dans ma gorge, je tombe de haut.
-Je me fiche de notre milieu social, peu importe où nous sommes nés, ça ne fait pas de nous des personnes différentes du monde. Tout ça pour toi, c'est pour ta renommée ? Pour ton patrimoine social ?
Il me regarde comme si c'était évident. Je craque. 
-J'ai besoin d'un verre d'eau.
-Madi...
Je sors de ma chambre presque en courant et dévale les escaliers jusqu'à la cuisine.

J'ai besoin d'air, de penser par moi-même à tout ça. Notre relation ne serait basée que pour la fierté de nos familles... Ce n'est pas ça que je veux... Je n'ai jamais voulu ça. Je ne connais pas l'homme qui vient de me parler, Baptiste à toujours était si gentil... Par obligation.
Je verse de l'eau dans un verre et l'engloutis. Il se retrouve dans la cuisine, les mains dans les poches, il semble dépassé par les évènements.
Avant qu'il puisse ouvrir la bouche, ma mère entre. Elle lui coupe la parole.
-Je vais faire des crêpes pour le goûter !

Aucun de nous ne la regarde. Nous sommes plantés à chaque extrémité de la pièce sur nos deux pieds, nous nous observons, impassible.
Je devrai lui demander de partir, ne plus revenir, si il est avec moi pour les raisons qui vient de me citer je ne veux plus qu'il m'approche. Ce changement de situation me bouleverse, nous étions si bien hier devant ce film ringard, avant que je me rende compte que ce n'était pas ma personne qui l'intéressait mais ma situation.

Un bruit sourd venant de l'étage m'arrache de mes pensées. J'ai un mouvement de replie.
-Morgan ?
Ma mère hurle et se précipite hors de la cuisine. Je la regarde avant de réagir à mon tour. J'espère que mon père va bien.
-On aurait dit une vitre brisée.
Baptiste semble tout autant paniqué. 

J'ai un mouvement de recul quand je vois le visage de ma mère pâlir et son corps revenir sur ses pas. Elle ne dit rien et ses yeux me supplient de me taire. Je ne comprends pas ce qui se passe avant qu'un homme, armé d'un pistolet entre à son tour dans la pièce.
Je tremble de tout mon être. Je suis incapable de bouger. Il va nous tuer. Je ne veux pas mourir, je ne veux pas perdre ma mère. Mon c½ur bat si vite que j'en ai mal dans la poitrine.

-Vous trois, derrière le comptoir.

Devant son ordre, nous passons derrière l'îlot central, livides.

J'ai si peur que j'hésite à me regrouper sur moi même, fermer les yeux et pleurer en attendant que ça passe. J'essaie tant bien que mal de reprendre le contrôle de moi même, mais dans cette situation le corps parle avant l'esprit.
L'homme à toujours son arme braquée sur nous, il est robuste, grand et vêtu de noir. Il porte un bonnet pour nous rappeler que c'est un bandit. Lui semble s'amuser de la situation, je peux sentir d'ici la peur de Baptiste et l'envie de me protéger que traduisent les traits de ma mère. Elle me serre la main si fort qu'elle le peut, nos mains sont cachées derrière l'îlot. Je me concentre sur elles pour ne pas perdre pied et m'écrouler.

-Arthur ! Viens par ici, le reste est là.

Mais combien sont-ils ? Là, c'est sur, nous sommes fichus. Je ne veux pas souffrir, je ne veux pas mourir. Dites moi que c'est un cauchemar, je vais me réveiller, .c'est certain je vais me réveiller.

C4.1 23/08/2015

Chapitre 4


Un homme plus jeune entre dans la cuisine, il est grand mais plus fin que le premier. Il porte un jean et un tee-shirt noir. Contrairement au premier il a un visage espiègle mais aucunement malveillant. On ne devinerait pas que derrière ses traits enfantins se cache un criminel.
L'espèce de brute se rapproche de moi, je déglutis. Mon corps se raidit lorsqu'il caresse mon visage du revers de sa main, j'entends le souffle de ma mère qui s'affole. Je voudrai le repousser mais je suis tétanisée. J'en ai la nausée quand je sens sa peau effleurer la mienne.

-Regarde ce que j'ai trouvé là.
Ce monstre est fier de lui face à son collègue.

-Fini de jouer Ben, mets la fille dans la pièce d'à coté.

Je regarde le plus jeune dire cette phrase que je ne comprends pas tout de suite à son associé. Puis deux énormes mains me font sursauter lorsqu'elles se posent sur mes bras pour me soulever.

-Non ! Lâchez-moi ! Maman, reste avec moi ! S'il vous plait !!

Je me débat de toutes mes forces et ma mère qui me tient toujours la main hurle autant que moi. J'ai l'air d'une plume comparé à cet homme. Il me porte sur son épaule et je lui donne tous les coups possibles. Il n'a pas l'air d'avoir mal mais je m'acharne. Je vais jusqu'à le mordre sur l'épaule quand il me jette au sol dans la salle de bains du bas.

-Cette salope m'a mordu.

Il dit ça en quittant la pièce. Je ne vois plus ce qui se passe dans la cuisine, je suis effrayée et maintenant énervée. Je crie, les insulte, je tape des pieds, hystérique. Mon regard se trouble et je tape encore plus fort sur le carrelage, je me fais mal mais je tape encore et encore. Je suis oppressée dans ce petit endroit, je suffoque. Gros con ! Connard ! Sale mufle ! Tout y passe. Je m'égosille tant j'aboie comme un chiot en cage.
Mes larmes coulent enfin et je laisse le silence prendre le dessus sur ma respiration. Je suis battue, assommée par cette crise de nerfs que j'ai laissé agir. Je reprends mes esprits et me rends compte que je peux entendre ce qui se passe dans la cuisine.

-Dites-nous où Billy a caché l'argent et nous ne vous ferons aucun mal.

Je comprends maintenant ce que ces voleurs viennent chercher.
Nous ne sommes pas des gens à histoire, beaucoup de monde apprécient mes parents. Mon père n'a jamais eu affaire avec la justice et ma mère est la femme la plus droite que je connaisse. Mais la réputation de Billy le précède, et nous nous retrouvons à en payer les frais. Ces hommes sont venus dans notre intimité par sa faute. Mon père est peut-être mort et tout ça à cause d'un homme qui n'a avoir avec ma famille que son titre "d'oncle Billy".


Je regarde autour de moi et je remarque une fenêtre dont j'avais oublié l'existence. Elle est étroite, je ne sais même pas si mon corps peut passer a travers. Je suis tiraillée, si je m'enfuis et me fais surprendre, je vais passer un mauvais moment, mais si j'y arrive, je pourrai prévenir les autorités et ce cauchemar prendra fin. Je suis angoissée à l'idée de me faire prendre. Je croise mon reflet dans le miroir en face de la douche sur laquelle je suis appuyée depuis que la brute m'a lâché ici. Je prends une grande inspiration et mon courage me pousse vers le puits de lumière.
Mon oreille est attentive à ce qui se passe de l'autre côté de la porte tandis que je colle mon corps contre la vitre et remonte lentement la poignée. Je n'ose même plus reprendre mon souffle. L'air frais passe sur mes bras, j'enjambe le bas de PVC puis je pousse avec mes bras pour que mon buste suive. Mes pieds se posent sur l'herbe et je cours à toute vitesse. Je ne m'arrête pas, surtout pas, je cours. Je suis à bout de souffle, mais je ne réduis pas mon allure. La peur me fait pousser sur mes jambes avec une force que je ne me connaissais pas. Il faut que je trouve de l'aide, je traverse mon jardin et j'arrive dans celui des voisins. Je frappe bruyamment, personne. Je continue mon chemin, ma vie en dépend, celle de mes proches aussi.


On me pousse et je tombe à plat ventre dans la terre. Je me retourne et m'agite dans tous les sens possibles. L'homme m'attrape les bras avec chacune de ses mains. J'ouvre les yeux et deux grands yeux verts s'interposent, c'est le plus jeune des malfrats qui est allongé sur moi, ses mains tenant mes bras. Je suffoque, je suis à bout de souffle et il reste la bloquant mon corps avec le sien.


-Où vas-tu ?
-Laissez- moi partir !
Je me mets à pleurer. Je suis anéantie.
-Tu m'en demandes trop cette fois.

Ces mots résonnent en moi, je connais cet homme. C'est le garçon des toilettes, il m'a surpris avec mes chaussures à la main hier soir. Je ne comprends pas, il était parmi les invités et le voilà en face de moi menaçant mes proches.
-Vous... Je vous ai vu chez moi hier.
J'ai chuchoté ma déclaration.
-Il faut que je te ramène là-bas.
-Non, je vous en prie ! On ne sait pas ou est l'argent ! Nous ne côtoyons jamais Billy, je le jure.

Le garçon se relève libérant mon corps. Je me remets sur mes jambes et le pousse pour me laisser le temps de reprendre ma course. Il m'attrape le poignet me réduisant en esclave et je lui crache à la figure vulgairement.

Il me sourit et essuie ma salive de sa main libre. Je le regarde terrifiée, je n'aurais pas dû faire ça j'ai dû l'énerver, il pourrait me faire plus de mal encore. Il redresse le buste pour se grandir, j'ai deux têtes de moins que lui. Ses yeux verts se posent sur moi, je sens que sa respiration s'accentue, j'ai la tête qui regarde le sol. Je n'ose pas le défier.

-Vas-t-en.
Il me lâche l'avant-bras. Je le regarde un moment, ne comprenant pas son geste.
-Pars, je te dis.


Je m'en vais à toute hâte. Traversant l'herbe jusqu'à la rue.

C5.1 24/08/2015

Chapitre 5


-Je vous ai dit que je ne connais pas ces personnes !

Ma mère s'échauffe face au policier. La maison est envahie par des hommes en uniformes. On dirait une scène de crime où les victimes sont les coupables. Comme si un meurtre avait eu lieu, ils fouillent chaque recoin de notre cocon familial emportant avec eux le bien-être qui régné dans cette maison.
La police est arrivée peu après mon escapade, ils n'ont pu attraper aucun des trois malfaiteurs. Nous avons retrouvé mon père assommé dans une des chambres, il s'en tire avec une bosse et un bon mal de tête à notre plus grand soulagement.



Une femme flic s'approche de moi, je suis assise dans le canapé. Mon tee-shirt n'est plus qu'une tâche de terre et je fixe le carrelage blanc comptant les minutes qui restent avant de me retrouver enfin seul.

-Mademoiselle Evans, j'ai quelques questions à vous poser.

Une tâche noire minuscule m'interpelle. Il faut que je pense à retirer ça. Mélissa n'est plus si efficace qu'avant. J'entends bien qu'on me parle, mais j'ai tellement envie que ce ne soit pas le cas que je me concentre sur ce petit point foncé.

-Mademoiselle Evans, pouvez-vous me regarder ?
-Madi... Je m'appelle Madi.

Je la regarde enfin, ses cheveux sont plaqués contre son crâne, elle n'est pas très vieille. Elle a des taches de rousseur qui ressortent de sa peau porcelaine. Je devine que derrière son costume se cache une femme séduisante.

-Dites-moi Madi, votre petit ami m'a expliqué que vous aviez réussi à vous enfuir alors que vous étiez enfermée dans la salle de bains. Que c'est-il passé après ?
-J'ai couru, je voulais trouver de l'aide. J'ai traversé la rue et une voiture s'est arrêtée et vous a appelé.
Elle écrit mes paroles sur son carnet.
-Bien, il n'y a eu aucune trace d'effraction. Avez-vous laissé une fenêtre ouverte ce matin ?
-Tout était fermé. Nous ne laissons jamais de fenêtre ouverte.
La femme me regarde et secoue la tête. Elle quitte le canapé.

J'ai la tête qui tourne, il y a eu beaucoup trop d'événements aujourd'hui. Je me repasse cette scène sans arrêt dans mon esprit. Ce garçon qui me tient le poignet et me libère après que je lui ai craché dessus. J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, je n'arrive pas à comprendre, il aurait pu m'obliger à faire bien des choses mais il ne l'a pas fait et je suis incapable d'en parler. C'est comme si ma tête refusait de penser à ce moment, à ce qui aurait pu arriver. Je m'obstine à penser que j'ai eu de la chance. C'est tout ce que je dois retenir.



Baptiste vient me retrouver. Nous ne nous sommes pas parlés depuis ce drame.
-Madi... Je suis désolé...
-C'est oublié. Nous sommes en vie, le reste n'a pas d'importance.

Il s'approche de moi, ses genoux tombent sur le sol et il m'entoure de ses bras. Mes larmes coulent sur son épaule, j'ai besoin de relâcher toute cette pression. J'ai besoin qu'on me rassure et c'est ce qu'il fait.

-J'ai parlé avec ta mère, elle pense que tu devrais dormir chez moi cette nuit.
-D'accord, je vais aller faire mon sac.

Je suis soulagée de ne pas avoir à dormir dans cette maison. Je n'arrive pas à me sentir en sécurité depuis que ces inconnus sont entrés. Je devrai passer au-dessus, réagir en adulte, mais à ce moment précis, je suis une enfant à qui on a volé son jouet préféré. J'ai besoin de dormir, ne plus avoir à penser.
Je ne prends pas la peine de me changer, je veux partir d'ici le plus rapidement possible. Je prends un tas de vêtements que je trouve dans mon armoire et je les fourre dans mon sac. Je soulève le ballot de tissu de mon lit, il est lourd et j'ai du mal à le déposer sur mon épaule. Une chaîne en argent tombe sur le parquet. Je ramasse le bijou avant de l'analyser. Je ne connais pas cet objet... Je préfère me dire quelle appartient à Baptiste plutôt qu'une autre possibilité. Je dépose la chaine dans la poche de mon jean et je quitte ma chambre.
 

J'ai à peine dit au revoir à mes parents, nous réagissons tous différemment devant le choc que nous avons subi. Mon père est fou de rage, si mon oncle était en face de lui, je pense qu'il serait capable de l'étrangler. Il aurait voulu protéger sa famille, mais au lieu de ça, il était inconscient. Ma mère quant à elle, est encore plus maniaque que d'habitude, elle ne cesse de nettoyer les meubles de la cuisine comme si elle allait faire disparaître les mauvais souvenirs.

Baptiste et moi sortons de l'endroit maudit, il porte mon sac sur son épaule et me tient la main de son bras libre. Le vent souffle sur ma peau, je respire, délivrée de cette pénible journée qui se termine. Nous allons passer la nuit ensemble pour la première fois, même si les raisons qui nous poussent à vivre ce moment ne sont pas les bonnes, je suis contente de pouvoir passer autant de temps avec mon petit ami. Je n'oublie pas les disputes de ce matin, j'y fais seulement abstraction, j'ai besoin de tendresse, j'ai besoin de lui.
 

Après avoir pris une douche et avoir était accueilli par les Caciolli qui comme à leur habitude sont très démonstratif, je me rends dans la chambre de Baptiste afin d'y déposer mes affaires sales, j'ai les cheveux mouillés et je porte un tee-shirt bleu marine et un pantalon fluide dans lequel je me sens bien.
Je me souviens la première fois ou je suis rentrée ici, nous avions transgressé les règles alors que les parents de Baptiste étaient, tous les deux, absents, James, un employé de la maison avait juré de garder le secret. Il faisait froid, trop froid pour rester dehors et je rêvais d'un chocolat chaud sous une couette. Baptiste m'a emmené chez lui et nous avons bu le lait chocolaté dans son lit pour nous réchauffer. Nous avions à peine seize ans et nous étions très proches lui et moi, si on nous avait surpris un scandale aurait explosé. Nous avions à peine seize ans et nous étions très proches lui et moi, si on nous avait surpris un scandale aurait explosé.
 
 
-Madi ! Je suis contente de te revoir.
Elena m'interpelle quand je ressors de la pièce.
-Bonsoir Elena, tu vas bien ?
-Oui très bien, je suis désolée pour ce que tu as enduré aujourd'hui, n'hésite pas si je peux faire quelque chose.
Elle est vraiment adorable.
-Merci, je vais bien... Enfin, je crois. J'ai hâte que ce jour se termine, c'est tout.
-Je comprends. Je meurs de faim, pas toi ?
-Oh si !
Nous rions devant ma réponse impulsive.
 

Nous rejoignons le reste de la famille de Baptiste pour se mettre à table.
J'ai l'air d'un épouvantail comparé à l'élégance d'Elena et Madame Caciolli, je mets ça sur le compte des événements que j'ai enduré ces dernières heures. Antoine Caciolli nous raconte ses anecdotes avec sa femme, j'adore entendre leurs chamailleries, ces deux-là se disputent constamment, mais leurs yeux se dévorent à chaque instant. La bonne humeur est de rigueur. Je dévore ma blanquette de poisson renouant avec mon estomac.